
Radio Sheriff 74
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LES Femmes
Oui, ces expressions « crime passionnel », « drame de la passion » n’ont aucun sens. Comment peut-on associer l’idée de tuer quelqu’un à une forme d’amour ? Ce sont plutôt des crimes de possession. Dans de nombreux cas, la rupture - ou tout du moins la volonté de prendre sa liberté et de s’émanciper - agit comme un déclencheur du passage à l’acte. Ça renvoie à ce qu’on attend de l’autre dans une situation de couple. Toutes ces histoires, ce sont celles d’hommes, qui parfois ne se considéraient même pas comme auteurs de violences conjugales, et qui, un jour, vont s’arroger un droit de vie et de mort sur la femme qu’ils sont supposés aimer.
Féminicides
Nous les citons, Nous ne les oublierons pas
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LES CHIFFRES DE 2026 47 féminicides par compagnons ou ex en France au 2 Juin 2026
FÉMINICIDES
--> par (ex)compagnons : 47 (+ 4 tiers dont 3 enfants)
* 38 tuées chez elles, 7 ailleurs, 2 lieu non connu
* 24 en contexte de séparation et/ou de violences connues (peu renseigné)
* 25 étaient mères (dont 2 tuées avec leurs enfants) + 0 enceinte (? mois) - pas toujours renseigné
* 47 orphelins dont 11 témoins (10 en présence, 2 en découverte).
* 15 suicides du tueur + 5 tentatives de suicide + 1 en fuite
98 Féminicides en France en 2025
94 Féminicides en France en 2024
103 Féminicides en France en 2023
115 Féminicides en France en 2022
115 Féminicides en France en 2021
Féminicides : état des lieux de la situation dans le monde
50 000 femmes ont été tuées dans le monde par un partenaire intime ou un membre de leur famille. Une situation qu’CAPFEM France a souhaité mettre en lumière, en ce mois
Aujourd’hui, les féminicides sont majoritairement commis par des hommes. En effet, sur les 87 000 femmes tuées en 2017, 58 % d’entre elles ont été tuées par un partenaire intime ou un membre de la famille, selon le rapport 2019(2) de l’Office des Nations Unies contre la Drogue et le Crime (UNODC), dédié aux homicides liés au genre.
Origines et mode opératoire
Bien que les hommes soient, à l’échelle mondiale, les principales victimes d’homicide (81 % d’hommes tués contre 19 % de femmes), ce sont les femmes qui sont le plus assassinées par leur partenaire intime ou un membre de leur famille (64 % de femmes, contre 36 % d’hommes). “Beaucoup de victimes de féminicide sont tuées par leurs partenaires actuels et passés, mais aussi par leurs pères, frères, mères, soeurs et autres membres de la famille en raison de leur rôle et de leur statut de femme.” précise l’étude de l’UNODC.
Les féminicides sont liés à plusieurs causes. Tout dépend du contexte socioculturel dans lequel se trouve la victime. À ce jour, l’Office des Nations Unies contre la Drogue et le Crime, identifie 11 formes de féminicides (3) :
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un meurtre à la suite de violences conjugales
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une torture et un massacre misogyne
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un assassinat au nom de “l’honneur” (souvent commis par les familles originaires du proche orient ou du sous-continent indien, NDLR)
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un meurtre ciblé dans le contexte des conflits armés
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un assassinat lié à la dot des femmes
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une mise à mort des femmes et des filles en raison de leur orientation sexuelle
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un assassinat systématique de femmes autochtones
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un foeticide et un infanticide
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un décès à la suite de mutilations génitales
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un meurtre après accusation de sorcellerie
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d’autres meurtres sexistes associés aux gangs, au crime organisé, au narcotrafic, ou encore à la traite des personnes et à la prolifération des armes légères.
En France, l’étude relative aux morts violentes au sein du couple(4), menée par le ministère de l’Intérieur, distingue quant à elle 10 mobiles : la dispute (43 cas), la séparation (28 cas), la maladie ou vieillesse de la victime (16 cas), les problèmes psychiatriques et la dépression (9 cas), la jalousie (8 cas), les causes multiples (5 cas), la maladie ou la vieillesse de l’auteur (1 cas), les difficultés financières, les victimes de violences, ainsi que l’inconnu (pour ces trois dernières causes, il a été impossible de déterminer le nombre de cas, NDLR).
Concernant les modes opératoires, l’étude montre que dans la majorité des cas (66,1 %), les hommes ont eu recours à une arme (arme blanche, arme à feu ou encore arme à destination). Viennent ensuite la strangulation (20) et les coups (15). Enfin, le rapport de l’UNODC indique que “dans quatre des cinq régions du monde, la maison est l’endroit le plus dangereux pour une femme”.
Un fléau mondial
Les féminicides touchent les femmes issues de tous les continents. Si l’on compare le nombre de féminicides par région du monde, on observe que l’Asie arrive en tête avec 20 000 femmes assassinées en 2017, devant l’Afrique (19 000), le continent américain (8 000), l’Europe (3 000), et l’Océanie (300). Néanmoins, avec un taux d’homicides conjugaux/familiaux de 3,1 pour 100 000 femmes, l’Afrique est la région où les femmes ont le plus de risques de se faire tuer par un partenaire intime ou un membre de la famille. L’Europe est, quant à elle, le continent où le risque est le plus faible (0,7 pour 100 000 femmes), bien après le continent américain (1,6), l’Océanie (1,3) ou encore l’Asie (0,9).
À l’échelle européenne, c’est l’Allemagne qui compte le plus de victimes tuées par un conjoint ou ex-conjoint. En effet, selon le dernier rapport de l’Eurostat, l’Allemagne compte 189 femmes tuées en 2017. Derrière elle, la France avec 123 meurtres, puis la Roumanie (83), le Royaume-Uni (70), l’Italie (65), et l’Espagne (54). Il n’est pas anodin de rappeler que le 22 novembre dernier le collectif français, “Féminicides par compagnons ou ex” a annoncé le décès d’une 137e femme, depuis le 1er janvier 2019.
En Amérique Latine, c’est le Mexique qui semble être en tête de liste. Depuis le début de l’année, 369 femmes ont été tuées, selon les données enregistrées par le secrétariat exécutif du système de sécurité publique national mexicain. Malgré ces chiffres, il faut rester attentif à la situation au Brésil. En effet, “selon les informations accessibles au public, 126 meurtres de femmes et 67 tentatives d'assassinat fondées sur le sexe ont été rapportées à ce jour en 2019. Ces rapports font référence à des cas enregistrés dans 159 villes du pays, réparties dans 26 États du Brésil (...). Selon les médias, dans l'État de Rio de Janeiro, 300 femmes sont assassinées en moyenne chaque année et dans l'État de São Paulo seulement, de janvier à novembre dernier, 377 femmes ont été assassinées”, indique un communiqué(5) de l’Organisation des États Américains (OEA).
En Asie, la Chine et l’Inde ont la triste réputation d’être les auteurs de nombreux meurtres de petites filles à la naissance. En Afrique, le Sénégal est considéré comme le pays le plus dangereux pour les femmes avec un taux de 87 % de victimes. Cependant, “au moins trois femmes meurent chaque jour sous les coups de leur mari, selon les dernières statistiques, qui montrent que les violences sexistes ont atteint des proportions catastrophiques” en Afrique du Sud, selon le quotidien de Johannesburg, The Citizen(6). Le manque d’études sur les situations en Asie, en Afrique et en Océanie, ne nous permet pas de donner plus de chiffres.
Un long chemin vers la reconnaissance
Malgré cette situation alarmante, les féminicides peinent à être reconnus juridiquement dans le monde entier. Et ce, malgré l’éventail de programmes mis en place, par les organismes et associations, pour éliminer les violences faites aux femmes.
La première reconnaissance juridique s’est faite en Amérique Latine, en 1994. Étant la région du monde où il a été enregistré le plus grand nombre de féminicides de tous les temps - plus de 26 200 femmes tuées au Mexique entre 2000 et 2014, par exemple - l’Amérique Latine a dû lancer, le premier instrument juridique régional contre les violences faites aux femmes. Il s’agit de la Convention interaméricaine sur la prévention, la sanction et l’élimination de la violence contre la femme(7) - ou Convention de Belém do Para - rédigée le 9 juin 1994 et adopté le 6 septembre 1994. L’objectif de cette convention est de combattre et de condamner tous les types de violences à l’égard des femmes. Parmi les 34 pays signataires(8), figurent le Brésil et le Mexique, qui malgré cette convention enregistrent les plus grands taux de féminicides d’Amérique Latine.
En Europe, le mouvement est plus timide. Seule l’Espagne se positionne comme pionnière de la lutte contre les violences faites aux femmes. La cause : la grande répercussion du féminicide d’Ana Orantes, en 1997, qui a complètement bouleversé l’opinion publique. Sur une chaîne locale espagnole, cette sexagénaire se confie sur les violences conjugales dont elle a été victime pendant plus de 40 ans. Moins de deux semaines après ces aveux, l’Espagne apprend qu’Ana Orantes est brûlée vive par son mari. Face à cette tragédie, le gouvernement espagnol décide de restructurer son Code pénal de manière à mieux protéger les femmes. À présent, une femme victime de violences peut bénéficier d’une assistance psychologique et juridique gratuite. Elle peut également demander à ce que sa situation soit jugée rapidement par un tribunal entièrement spécialisé sur la question. Si l’accusé souhaite trouver un accord, il effectuera alors des travaux d’intérêt général et sera interdit d’approcher la victime pendant six mois. Si l’accusé nie les faits ou ne veut pas trouver d’accord, il sera sûrement amené à effectuer une peine de prison.
Autre pays européen à avoir opté pour une reconnaissance juridique des violences à l’égard des femmes : l’Italie. Après avoir renforcé en 2013 les sanctions contre les violences conjugales, le gouvernement italien reconnaît depuis le cas de Gessica Notaro - personnalité publique italienne devenue le symbole de lutte contre les violences à l’égard des femmes, après avoir été attaquée à l’acide par son ex-compagnon, en janvier 2017 - la défiguration comme un crime machiste pouvant aller jusqu’à une peine de 15 ans de prison.
Bien que le gouvernement français se soit récemment engagé à lancer le Grenelle des violences conjugales pour lutter contre les violences faites aux femmes, le terme “féminicide” n’a toujours pas réussi à trouver sa place dans le Code pénal.
les violences conjugales
Votre situation vous préoccupe?
Combien de fois avez-vous entendu des gens dire : « C’étaient des bons voisins.On ne les entendait jamais »? Ou pire : « Le monsieur avait l’air gentil. Jamais on n’aurait pensé qu’il aurait pu tuer sa femme. » Ces déclarations démontrent bien que la violence conjugale peut être vécue dans n’importe quel milieu et qu’elle peut survenir abruptement pour qui n’était pas à l’écoute. Pour vous aider à reconnaître les indices de la violence conjugale et savoir comment intervenir, il existe de nombreuses ressources. Vous pouvez aussi amener une personne qui vit dans un contexte de violence conjugale à prévoir un scénario de protection avant ou pendant un épisode de violence. Au moindre doute concernant quelqu’un de votre famille, de votre entourage ou de votre voisinage, n’hésitez pas à agir en lui offrant votre aide. En France, on estime que près d'une violence domestique sur quatre a connu des violences physiques morales au moins une fois dans sa vie.Cette violence prend plusieurs formes, une femme sur 10 est exposée à des violences verbales, sexuelles ou physiques au cours de sa vie Violences domestiques, viols et violences sexuelles
sur votre site, vous décrivez les violences conjugales comme quelque chose d’insidieux. De nombreuses victimes ignorent qu’elles le sont ou mettent des années à s’en rendre compte…
On a souvent tendance à associer les violences conjugales aux violences physiques. C’est très réducteur et cela peut donc être dangereux quand cela isole d’autres victimes. Les violences conjugales s’inscrivent dans un contexte bien plus large de domination.
Au cours de mon enquête, j’ai, par exemple, rencontré plusieurs femmes de milieux sociaux très privilégiés qui m’ont raconté avoir mis longtemps à se reconnaître comme victime malgré le sentiment de peur dans lequel elles vivaient. L’une d’elles habitait dans un hôtel particulier. Elle m’a raconté que son mari coupait le gaz lorsqu’il partait en déplacement l’obligeant, elle et ses enfants à vivre dans une maison glaciale. Elle était obligée de faire chauffer de l’eau à la bouilloire pour les laver. Paradoxalement, il lui offrait régulièrement des habits ou des bijoux car il y avait un besoin de représentation. Un jour, il a tué leur chien sous ses yeux car il avait tenté de s’enfuir. Elle a pris cela comme une menace : « Voilà ce qui se passera si tu t’échappes ». Il n’y a pas forcément besoin de lever la main sur une femme pour la briser. Ce que j’essaye de montrer sur ce site, c’est ce continuum de violences : le meurtre, c’est ce qui arrive tout au bout, lorsqu’on banalise ces comportements.
L'enquête débute en 2015. Depuis, il y a eu le mouvement MeToo, le Grenelle des violences faites aux femmes. Avez-vous constaté une évolution dans la prise en charge des victimes ?
Bien sûr, quand j’ai commencé à travailler sur les féminicides, en 2015, la plupart des gens ne savaient même pas ce que c’était ! Il y a aujourd’hui une prise de conscience générale malgré de multiples lacunes. Les budgets alloués à la formation et la prise en charge des victimes ont augmenté. Le Grenelle a permis de prendre en compte une problématique centrale, celle de la récidive. Un homme auteur fait souvent plusieurs victimes et une condamnation n’enraye pas forcément le passage à l’acte. Au contraire, elle entraîne parfois un sentiment de victimation. Le Grenelle a débouché sur la création d’une trentaine de centres de prise en charge des auteurs de violences conjugales. Mais quand on parle de progrès, il ne faut pas oublier que la prise en compte des violences conjugales en France est très récente. Le premier rapport statistique sur les morts violentes au sein du couple date de 2006 : avant cette date, on ne pouvait pas savoir quelle était la proportion d’hommes et de femmes morts au sein du couple.



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Violences Femmes Info - 3919
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